Journalistes et environnement : un combat risqué
J’ai découvert un rapport de l’association Reporters sans Frontières (RSF) intitulé Journaliste environnementaliste, un combat périlleux. Celui-ci signale et dénonce les pressions exercées sur les journalistes dénonçant les atteintes à l’environnement. Un rapport qui inquiète et qui rappelle l’enjeu que représente la prise en compte de l’environnement au niveau mondial.

Marée noire au nord du Caucase, Source : Marinephotobank (License CC)
Agir pour la prise en compte de l’enjeu environnemental, c’est commencer par suivre l’état des ressources naturelles et leur utilisation. Ce travail, réalisé en partie par la presse, constitue une menace suffisante, selon certains, pour justifier des atteintes à la liberté de la presse voire des attaques personnelles auprès des journalistes, des bloggueurs et autres militants écologistes.
“Lai Baldé, journaliste guinéen, vit sous la menace. Tamer Mabrouk, blogueur égyptien, fait l’objet d’une procédure judiciaire. Le journaliste russe Grigory Pasko a passé quatre années en prison. Son confrère ouzbek, Solidzhon Abdurakhmanov, vient d’être condamné à dix ans de prison. Victime d’une agression, Mikhaïl Beketov, un journaliste russe, a perdu une jambe et plusieurs doigts. Maria Nikolaeva, reporter en Bulgarie, a été menacée d’être aspergée d’acide. Joey Estriber, journaliste philippin, a disparu depuis 2006…”
Voilà comment commence le rapport de RSF.
Partout,tous les jours, des journalistes prennent des risques pour nous informer sur l’état de l’environnement. Les agresseurs ne sont pas toujours ceux que l’on croit : entrepreneurs, politiciens mais aussi populations locales qui redoutent de perdre emplois et revenus. Ils agissent souvent dans l’indifférence des autorités locales voire avec leur complicité.
13 exemples pour illustrer le problème
A travers l’étude de treize cas de journalistes et de blogueurs censurés, menacés, emprisonnés, agressés voire tués pour avoir traité de problèmes environnementaux, RSF rappelle la nécessité “d’une presse libre pour résoudre les défis écologiques […] et pour nous alerter sur les méfaits des prédateurs de l’environnement“.
Voici des extraits :
“En Egypte, la Trust Chemicals Company déverse depuis des années des eaux non recyclées dans le lac Manzalah et dans le canal de Suez, non loin de Port-Saïd. Par peur ou sous l’effet de la corruption, l’administration s’abstient d’intervenir. Tamer Mabrouk, un simple blogueur, a pris le risque de publier sur Internet les résultats de ses investigations. Il est poursuivi depuis juin 2008 pour “diffamation”. [...] Le 26 mai 2009, Tamer Mabrouk a été condamné à verser plus de 6 000 euros d’amende par la cour d’Al Zohor à Port Saïd. Une somme bien supérieure aux revenus annuels du blogueur. Il a ensuite été licencié.“
“Yann Arthus-Bertrand et dix membres de son équipe - assistants, techniciens et producteurs - effectuaient un reportage pour l’émission “Vu du Ciel”, lorsqu’ils ont été arrêtés, le 20 février 2008, à l’aéroport de Puerto Iguazú, en Argentine. L’équipe de tournage enquêtait sur la controverse suscitée par la construction du barrage de Yacyreta, près de Posadas (capitale de la province de Misiones). [...] L’équipe n’a été libérée sous caution que cinq jours plus tard.”
Pour soutenir ces journalistes spécialisés dans les enquêtes liées à l’environnement, devenus les sentinelles de notre planète, RSF a publié un nouvel album intitulé “100 photos de Nature pour la liberté de la presse”.
Sans parler de la liberté de la presse, je trouve que ce rapport montre bien le chemin qu’il reste à parcourir, au niveau mondial, pour la prise en compte de l’environnement. Qu’en pensez-vous ?
le 21 octobre 2009 à 20:52
Je pense effectivement que journaliste est un metier bien dangeureux ! Nous qui avons à peu près le droit de dire ce que l’on veut nous avons l’obligation éthique de relayer les informations de ces journalistes courageux ! et au lieu de voir des centaines d’articles sur la nomination de Jean Sarkozy (certes importante) nous devons revoir nos priorités et agir solidairement avec ces hommes et ces femmes qui prennent réellement des risque pour nous informer ! Merci à toi de le faire et merci à Amnesty de nous le rappeler…
le 22 octobre 2009 à 10:23
Merci pour ton commentaire LGV.
Juste une remarque, il s’agit d’un rapport de Reporters Sans Frontière, pas d’Amnesty internationale.
Même si c’est un travail qu’Amnesty aurait tout ausi bien pu faire