Perpignan vise l’autonomie énergétique

Perpignan est une ville de plus de 100000 habitants située dans les Pyrénées Orientales (66).

Suite au grenelle de l’environnement, qui visait fin octobre 2007 à prendre des décisions politiques locales et nationales en matière de développement durable, Perpignan et son agglomération ont mis en place un plan “Ville à énergie positive“.

Qu’est-ce que l’énergie positive ?
Plan de Perpignan

Situation de Perpignan

L’idée est de produire au moins autant d’énergie que l’on en consomme. Dans le cadre de la communauté d’agglomération de Perpignan, il s’agit de couvrir 100% des besoins en électricité de l’agglomération, la bagatelle de 200000 habitants.

Perpignan deviendra-t-elle la première ville de France autonome énergétiquement ?

Tout d’abord cela va passer par une politique d’économie d’énergie qui me semble assez crédible :

  • réduire la consommation d’énergie des bâtiments privés existants (bilans carbone, diagnostics énergétiques, aides aux travaux)
  • construire des bâtiments publics basse consommation, appelés aussi “maisons passives” qui ont la particularité d’avoir une consommation inférieure à 50kWh/m²/an. C’est à dire deux fois moins que la moyenne des constructions neuves actuelles (120 kWh/m²/an)
  • mais aussi le ré-aménagement d’espaces verts, le développement des transports en communs, un nouveau plan de circulation, le plan vélo avec Bip !

Produire

Ensuite le plan consistera à produire de l’énergie propre à travers un panel d’énergie renouvelable diversifié, un investissement de 500 Millions d’euros.

  • Un parc éolien : l’implantation d’environ 40 éoliennes
  • Centrales solaires : plusieurs parcs, pour un total d’environ 100 ha, sont prévus : à Torreilles, à Pézilla la Rivière, à St Laurent de la Salanque…
  • Toitures solaires : l’installation de panneaux solaires et de capteurs photovoltaïques sur les bâtiments publics et commerciaux : Marché International de Saint Charles, bâtiments publics (centre technique municipal, stade Aimé Giral, palais des expositions…), locaux commerciaux (espace polygone, grandes surfaces…)
  • La création d’un réseau de chaleur, basé sur la récupération de la chaleur produite par l’incinérateur de Calce et destiné à alimenter en énergie des serres agricoles.

Ce plan d’action mis en place sera amorti sur une petite dizaine d’années. Celui-ci me semble être une bonne initiative du fait que l’on prend en compte l’économie de l’énergie, la manière de consommer avant de penser à la production d’énergie renouvelable. Une initiative à encourager, donc, quand on sait qu’en plus de cela, Perpignan se situe dans la région la plus ensoleillée de France.

A Propos de cet auteur

Cyril Lopez

Cyril Lopez, 23ans développeur Web du côté sud de Perpignan et amoureux de la nature depuis toujours.

15 commentaires pour “Perpignan vise l’autonomie énergétique”

  1. Salut
    Article magnifiquement détaillé.
    Beau boulot lisible, aéré, simple ET excellente initiative de Perpignan… à suivre de très près.

    Ce qui me gène, c’est que les villes alentours, ne feront la même chose que si le bilan de Perpignan est positif après transformation. Ca veut dire que les autres ne bougeront sans doute pas avant 10 ans. Mais on peut espérer que cela fasse boule de neige (à Perpignan, mais bien sûur) quand même, après tout pourquoi pas.

    PS : que vient faire le mot “Produire” au milieu de l’article ?

  2. Merci de ton commentaire.
    Boule de neige à Perpignan ? Sisi ça s’est dejà vu ;)
    Si Perpignan peut avoir valeur d’exemple pour les autres communes il me semble que c’est une bonne chose. Je vais suivre l’évolution de ces travaux et en ferait part ici.

    Le mot “Produire” est en fait un titre de sous rubrique… Un souci de marge t’as sûrement mis en erreur.

  3. Merci pour cet article ! Belle initiative… exceptée les éoliennes qui a mon sens “pollue” le paysage. Je me souviens de ce paysage lorsque je prends le train Poitiers / Paris. Il y a sur plusieurs kilomètres des éoliennes et je dois avouer que ça me dérange beaucoup, à moins que celles-ci se marient à l’environnement naturel. Un certain nombre de moulin sont détruits, abandonnés. Pourquoi ne pas à contrario les restaurer et les utiliser comme éoliennes ? Certaines personnes le font déjà et revendent le surplus à la ville. Mais je ne cous apprends rien. Je trouve simplement que ce n’est pas assez répandu.
    Sinon, j’ai aussi trouvé StatoEolien GS qui s’installe sur la toiture des maisons - http://www.gual-industrie.com/statoeolien.html. Qu’en pensez-vous ?

  4. L’initiative de Perpignan est admirable mais il semblerait que les centrales solaires ne sont pas destinées à etre construites sur le territoire de la commune ce qui est un petit moins (à moins bien sur que les communes concernées ne profitent à 100 % de l’électricité ainsi produite) et il me manque (Zallez dire j’suis un chieur) un centrale à méthane. En effet, 100 000 habitants produisent un paquet de déchets qui pourraient etre utilisés à cet effet. Sinon bravo Perpignan.
    Thierry

  5. @ Vanessa
    Le débat “contre” les éoliennes me semble intéressant à soulever ici, et puisque tu en parles, je me permet d’ajouter une ligne ou deux au sujet :

    En effet, pour avoir pris les nationales (du tourisme familiale ^_^ ) j’ai pu découvrir des paysages qu’on ne voit pas par l’autoroute (600km de nationales). Hors, j’ai préféré largement voir des paquets de 15 éoliennes touts les 50km que de voir des 10aine et des 10aine de km de ligne à haute tension… grises, longues, destructrice de paysage à une bien plus grande échelle qu’un parc éolien.

    Alors bien sûr, ces parcs ne sont pas encore très développés, et peut-être que dans 20 ans, on en verra tellement que le problème sera soulevé comme je viens de le faire pour les lignes HT.

    En attendant, leur bourdonnement et leurs effets electro-magnétiques sur l’humain sont tellement “obscures” que cette seule raison devraient faire réfléchir quant à l’utilisation d’une alternative qui certes tue des oiseaux mais dont l’utilisation elle-même n’est pas nocive (je n’oublie pas qu’il faut véhiculer l’électricité produite, mais les distances sont réduites puisqu’on produit pour le local).

    Cela dit, il y a un problème de beauté et d’esthétisme qui est somme toute très relative, mais qui sert malgré tout d’argument massif pour leurs opposant.

  6. @Animal penseur : Ton opinion est certes discutable si nous comparons les lignes à HT et les éoliennes. Très attachée aux animaux, je me suis intéressée à l’impact des éoliennes sur les oiseaux. Fait troublant, le nombre d’oiseaux morts par éolienne et moins nombreux que celui causé par les automobilistes entre autre. Je vous invite à lire cette page : http://www.planete-eolienne.fr/oiseaux.html. En revanche, le problème du dérangement et de l’habitat se pose :
    “Les oiseaux des milieux ouverts évitent d’approcher les parcs éoliens. Cette distance d’évitement augmente avec la taille du parc. Un dérangement répété et intense peut conduire à une perte durable d’habitat. Pour certaines espèces, la présence de nombreuses éoliennes entraîne une désertion totale de la zone, comme c’est le cas pour le vanneau huppé sur un site allemand. ” - source http://www.lpo.fr/etudes/eolien/index.shtml

  7. @ Vanessa Juloux : J’ai survolé le site du Stateolien. J’ai souvent entendu qu’une éolienne perso n’est pas très rentable, à moins de pouvoir l’installer très en hauteur. Je n’ai pas les compétences techniques pour affirmer que ce système l’est plus. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il prend une sacrée place sur la toiture !
    Merci de tes infos sur la cohabitation entre les oiseaux et les parcs éoliens.

    @ thierry benquey : Les centrales solaires se situent en effet dans la périphérie de la ville, une quinzaine de kilomètres autour.
    Les toitures solaires mentionnées ici, sont destinées je pense à être autonomes, c’est à dire à produire de l’électricité pour le bâtiment sur lesquels les panneaux sont installés. A confirmer.

    @ Animal penseur : Tu soulèves la question de la production d’électricité via l’éolien pour la consommation locale. A-t-on des infos la dessus ? Je ne suis malheureusement pas certain que la production des parcs éoliens dans les Pyrénées Orientales ne soit destinée qu’au département, voire même qu’à la France…

  8. @ Vanessa : Les oiseaux n’évitent-ils pas les lignes HT ?
    Vu sur ton lien : “…la mortalité liée aux éoliennes est sans commune mesure avec celle liée [...] aux lignes électriques,…”
    Cela dit, je n’ai pas connaissance d’études sur cette mortalité dû aux ligne HT ou aux dérangement qu’elles ont provoquées.

    @Cyril : A priori je dirais que la production par éolienne a bien du mal à satisfaire les besoins des localités, alors revendre, qui plus est à l’étranger, j’ai un doute. Mais je me renseigne promis.

  9. @ Animal penseur : Tu as raison, mais je n’ai pas parlé de la mortalité des oiseaux sur le lignes HT.
    Lorsque les éoliennes ont vu le jour et on été installée en masse dans certains de nos paysages, j’ai commencé à m’intéresser sans apriori sur l’impact de la faune et la flore. Comme je l’ai déjà indiqué, il s’avère qu’avant la mortalité “accidentelle” d’un oiseau ou d’une chauve-souris, c’est le dérangement et la perte d’habitat qui sont directement mis en cause par la prolifération d’éolienne.
    Selon un rapport de APERe paru début 2008 - http://www.gesves.ecolo.be/ind.....4.oswm.php - qui regroupe un certain nombre d’interventions - http://www.gesves.ecolo.be/ima.....ifaune.pdf:
    “Les parcs éoliens peuvent affecter l’avifaune de quatre façons : collision directe avec les
    éoliennes, dérangement de l’avifaune locale, perte de biotope et modification de la trajectoire
    des migrateurs. L’ampleur de l’impact dépend de plusieurs facteurs tels que le type d’éolienne,
    leur implantation, les espèces d’oiseaux présentes, les conditions météorologiques et le type de
    déplacement (déplacement migratoire, nourrissage…).”

  10. Pour poursuivre nos précédents débats, je viens de tomber sur cet article que je trouve intéressant sur l’usage des éoliennes en Vendée : http://www.paysdesolonnes85.co.....81980.html.

  11. Originaire de Vendée et ayant mon père au conseil municipal d’un village, je vais courir lire ce billet pour lui en toucher deux mots !! ^^

  12. Je n’ai pas de sources sous la main mais habitant dans le département des PO, il me semble que les parcs éoliens visibles depuis la ligne de train sont plutôt situés dans le département de l’Aude. Ce département étant l’un des plus ventés de France, et plus particulièrement la zone de Leucate qui est très sensible aux effets Venturi du vent, l’éolien y reste une solution logique. Les PO ne comptent eux, pas tant que ca de parcs éoliens (merci de me corriger si je me trompe).

    En ce qui concerne la faune et la flore, je m’étais également renseigné à ce sujet et il semble que les nombreux détracteurs de l’éoliens n’aient pas d’arguments “indémontables” à proprement parler. La mortalité des oiseaux est minime (en comparaison à d’autres appareils humains, de production énergétiques ou pas) et le bruit reste discret. On voit toujours le même nombre d’étourneaux revenir en septembre (même si, les éoliennes se trouvent effectivement plus dans l’Aude). Si les constructeurs et les gestionnaires de parcs éoliens s’efforcent de progresser à ces niveaux, l’éolien est et restera une source de production locale et partielle, mais non négligeable.

    Faire de ce problème un rapport d’efficience est une erreur que l’on peut comparer aux erreurs du passé dans le choix des hommes, notamment en économie. En effet, après cette grosse parenthèse éolienne (qui ne concerne donc peut-être pas la ville de Perpignan), c’est à mon sens la multitude des sources énergétiques dont Perpignan va se servir pour produire. Il ne faut pas oublier qu’il y a 5 années environ, une grande partie des habitants locaux manifestaient contre l’installation de lignes très haute tension sous l’impulsion de la ville. Mais surtout, je pense qu’il s’agit pour elle de “boucler les boucles”, en annulant ses sources de pollution ainsi qu’en les diminuant. Voire même de produire à partir de “déchets” (à prendre au sens figuré). Encore une fois, il s’agit de réfléchir intelligement plutôt qu’efficacement… (même si l’on voit apparaître par exemple grace aux lois du Grenelle, du ciment producteur d’énergie !)

  13. Il faut savoir que Perpignan est la grande ville la plus au sud de la France. Habitant là bas, je peux vous dire qu’on ne chauffe quasiment jamais l’hiver grâce à un ensoleillement “quasi permanent”, qu’il y a beaucoup de vent dans cette région ce qui implique entre autre que ce lieu est le plus justifié et le plus probable en France pour accueillir un tel projet.

    Les élus locaux on quand à eux un peu tendance à s’auto-valoriser en déclarant être les uniques instigateurs “courageux” d’un tel projet. Que nenni, ils en oublieraient presque que ce ne sont que les conditions météorologique qui poussent à la faisabilité de ce projet.

    Difficile d’appliquer une même rentabilité énergétique à Paris ou Lille dans ces conditions.

    Concernant les vélo BIP, par principe ils sont là, mais vu le manque de pistes cyclables et la manière dont conduise les Perpignanais, ce projet ne pèse pas lourd dans l’avancée vers une énergie propre.

    Voila pour le point d’un local sur certaines idées fausses.

    En outre, je suis 100% favorable à ces initiatives.

  14. Au passage voici quelques éoliennes vers Perpignan.

    http://www.geo-trotter.com/car.....&hl=fr

  15. Stéphane, tu fais bien de souligner le manque d’aménagement du réseau cyclable (http://www.bip-perpignan.fr/usuarios/carril_bici/carril_bici.php), espérons que le nouveau plan de circulation pointe le bout de son nez assez vite !

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