La pollution, ce n’est pas naturel !
Je vous retransmets ici un article que j’ai écrit pour Coloc’A Terre le 08 avril 2008. Parce que j’entends toujours parler de la “pollution naturelle” en opposition à la “pollution humaine”. Sauf que la “pollution naturelle” ça n’existe pas !!!
“Pollution :
Modification défavorable du milieu naturel qui apparaît en totalité ou en partie comme un sous produit de l’action humaine, au travers d’effets directs ou indirects altérant les critères de répartition des flux d’énergie, des niveaux de radiation, de la constitution physico-chimique du milieu naturel [ainsi que] l’abondance [et la répartition] des espèces vivantes.”Plan Environnement Entreprise 2000, Mise à jour 2003, Méthode opérationnelle (ADEME, ACFCI, 2003).
La pollution est le fait de l’activité humaine et uniquement de cela. Un polluant peu être défini comme tel quand, libéré dans le milieu naturel PAR L’HOMME, il perturbe l’équilibre physico-chimique et biologique du milieu. Une même molécule peu à la fois être naturelle et être un polluant. Comme par exemple le souffre qui peu aussi être libéré par l’activité volcanique. Ce n’est pas forcément une molécule synthétique. Autre exemple : les déjections animales ne sont pas polluantes en soi mais dans le cas d’un élevage PAR L’HOMME, la concentration devient telle qu’il s’agit alors d’un polluant.
Ce qui différencie le polluant, c’est l’échelle à laquelle il est libéré, l’activité humaine étant partout sur le globe, concentrée, permanente et hyper-développée.
Cela fait des milliards d’années que la “pollution naturelle” existe, la biocénose s’en est toujours bien portée. Mais la pollution “humaine” (la seule, l’unique, la vraie : on a de quoi être fiers !) ne peut être “digérée” par l’environnement.
Pas d’exagération non plus : nous ne polluons pas non plus depuis la préhistoire. Mais nous avons passé un cap où notre nombre et la nature de nos activités ont été tels qu’elles sont devenues insupportables pour l’environnement. Evidemment il est difficile de situer la période où la ligne a été franchie. Mais une chose est sûre depuis les révolutions industrielles nous ne pouvons remettre en cause l’impact négatif des activités humaines sur l’environnement.
Il est temps de faire quelque chose. Je pense qu’on peut commencer par cesser de parler de la “pollution naturelle” qui n’est, selon moi, qu’une invention de mauvaise foi pour se dédouaner !
Et vous, vous en pensez quoi ?
le 26 août 2009 à 9:51
Il existe des marées noires naturelles: parfois, un mouvement géologiques fractures un réservoir naturel et libère du pétrole dans les océans. les résultats sont les mêmes que dans une marée noire “humaine”. On pourrait donc parler de “pollution naturelle” dans ce cas…
Sauf que, comme tu le dis, il y a la question de l’échelle.
Soit c’est un phénomène local et très dilué dans le temps, auquel cas les organismes s’y sont adaptés,
cf: http://www.cirs-tm.org/breve.php?id=400
soit c’est un phénomène extrêmement rare, beaucoup moins fréquent que les marées noires “humaines”. Cette pollution peut-être alors dommageable pour l’environnement, mais comme elle est exceptionnelle, les écosystèmes sont capables de se régénérer, comme après toute catastrophe naturelle.
Donc, oui, il existe des catastrophes naturelles chimiques, mais leur ampleur et leur étalement dans le temps sont sans aucune mesure avec les effets des pollutions anthropiques. Utiliser leur existence “pour se dédouaner” vis-a-vis des pollutions humaines relève en effet au mieux, d’une méconnaissance des différences d’échelle, au pire ,de la malhonnêteté intellectuelle.
le 26 août 2009 à 12:30
Merci Greg pour ton exemple.
Il existe aussi des contaminations naturelles des milieux au Souffre à cause d’activités volcaniques.
Comme tu le dis soit il s’agit d’une contamination exceptionnelle dans le temps, soit les conditions sont permanentes mais très locales et avec peu de variabilité. Une biocénose particulière peut s’y développer mais elle reste très “pauvre” (et ça prend du temps, vraiment beaucoup de temps !) .
Le problème de la pollution (humaine donc), c’est vraiment son envergure dans l’espace et le temps.
le 27 septembre 2009 à 18:11
Quelle haine pour l’homme et pour la vie !
La nature, drapée de perfection, meurtrie par le satanique homo sapiens.
Cette nature, bonne par essence, qui, elle, ne ravage jamais de vie entière !
Ces progrès de l’homme toujours tournés vers le malheur d’autrui !
Dans votre prose, le sens même des mots est travesti au profit d’une idéologie religieuse : l’adoration du Dieu Nature.
Aveuglée par vos croyances et votre obnubilation dans la recherche et la désignation du coupable : “l’homme”, comme vous le psalmodiez à longueur de temps - L’HOMME, cet être putride - , vous décidez donc de modifier la définition du terme “pollution” pour servir votre argutie, d’une façon si peu scientifique qu’elle semble trahir un cri de désespoir, une haine rentrée, en un mot un sentiment religieux non avoué.
Vous n’ignorez évidemment pas à ce propos que le sens étymologique du terme “pollution”, du latin ecclésiastique pollutio, apparaît au XIIème siècle et signifie alors “salissure” ou “souillure”. (cf plus tard les pollutions nocturnes)
Ce même caractère sacré qui transpire dans vos propos haineux et réactionnaires.
Mais vous allez plus loin dans le mensonge de vous à vous en utilisant une définition contemporaine et marginale de la pollution ayant une seule origine anthropique, quand le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), l’AFNOR (Association française de normalisation) - ou plus simplement TOUS les dictionnaires - considèrent la pollution comme ayant deux origines possibles : l’action de l’homme et les soubresauts de la nature.
Entre parenthèse, nous pourrions légitimement nous interroger sur la validité d’une séparation de sphère entre l’homme et la nature, mais c’est un autre débat.
Vous ne trouverez nulle part ailleurs une trace de la définition de votre gourou pré-citée, l’ADEM, ayant cherché moi-même pendant de longues minutes sur des dizaines de sites scientifiques et normatifs, sauf à vouloir définir les termes tels qu’on en a envie, ce qui n’est pas correct, n’est-ce pas ?
En ce qui me concerne, je m’interroge sur l’impact réel de la pollution anthropique sur l’équilibre global, sans pencher d’un côté (impact sensible de la pollution humaine) ni de l’autre (impact mineur).
Cela me semble plus valable scientifiquement et plus corrélé aux débats actuels.
Cependant une chose me rend plus sympathique les détracteurs de l’origine anthropique du réchauffement climatique, c’est qu’ils semblent moins hargneux, moins sûrs d’eux-même et de l’inéluctabilité du désastre, et ainsi, plus proche de l’idée du scientifique telle que je peux la concevoir.
Par ailleurs, je n’ai vu nulle part aucune preuve que la PART des émissions anthropiques de CO2 par rapport à l’émission globale avait un impact notable sur le réchauffement climatique.
Le passé n’a jamais montré que les millénaristes, les prêcheurs, les porteurs de bonne parole, les ayatollahs ou les idéologues amélioraient l’existence ou même simplement la connaissance.
Après de nombreuses lectures, je m’interroge toujours, mais j’ai toujours une préférence pour les libertaires. Pas pour les sermonneurs.
Cordialement.
Joseph.
le 25 octobre 2009 à 16:09
Je débarque sur le site.
Sensible aux articles et réactions sur la pollution excessive qui menace notre écosystème, celui dont nous faisons partie, je me suis aventurée sur ce site, soucieuse de mieux faire tous les jours pour me sentir plus en accord avec mon environnement, que j’aime, et pour lequel je projette je l’espère encore des milliards d’années d’existence. Sans pour autant jamais devenir une militante écoloreligieuse, imposant aux autres ma vision des choses et mes angoisses existencielles.
Il me semble important que le débat reste ouvert vu l’ampleur de la problématique, et que chacun puisse émettre ses idées dans le but de l’enrichissement réciproque, personne ne détenant la vérité absolue si tant est qu’il y en ait une.
Vos propos à tous trois me semblent intéressants.
Il me semble, à la lecture, que Mr Macqueron et Emilie, réagissant comme nous tous à l’article publié plus haut, sont plus dans la tentative de définition de “la pollution qui pose problème”, et de réflexion à ce sujet, que dans une perspective de diabolisation de l’être humain. Tandis que HumainTropHumain accuse et fait un procès d’intention, sur la base même de ses reproches. Pour autant il n’était pas inutile, bien au contraire, de rectifier l’interprétation de la notion de pollution faite plus haut, apparemment erronée. Par ailleurs, quels que soient les dégâts produits, l’Homme ne fait-il pas partie de l’ordre naturel des choses? Cependant l’ordre naturel lui a sans doute donné la capacité d’influer sur son environnement et sur les autres espèces plus que toute autre espèce, et on ne lui reprochera pas non plus d’utiliser cette capacité de ‘libre arbitre” et de réflexion à ne pas aller trop loin dans sa part d’action destructrice, étroitement liée à sa part d’action créatrice ou reproductrice. Car, quel que soit l’amour que l’on puisse porter, religieusement ou non (pourquoi pas?) à Dame Nature, l’Homme se menace lui même ici.
D’où que puisse provenir la pollution, celle qui nous intéresse, ne changeons pas le propos qui n’est pas d’accuser, mais d’identifier d’où proviennent les excès qui menacent l’équilibre naturel qui nous a permis d’habiter cette planète, et d’y proliférer, non pas pour classer le dossier sans suite mais pour évoluer dans le sens d’un développement qui tiennent compte de nos limites naturelles et nous permette, pourquoi pas, d’en repousser d’autres.
La pollution c’est la pollution. d’origine humaine ou pas, elle est ce qu’elle est, à son stade initial comme après intervention de l’homme. A telle quantité dans le temps et dans l’espace, la pollution menace la vie dans ses forme connue, et elle menace également, à ce que nous savons, notre espèce. Qu’elle vienne du rôt de la vache, de l’explosion à fréquence trop régulière du volcan bidule, de la voiture de mon voisin ou des émissions de CO2 de mon ordinateur, si elle est une menace pour moi et mon voisin, ma planète, mon écosystème, mon futur d’être humain et que la volonté commune de mon espèce, habitée comme toutes les espèces par l’instinct de survie, est de durer, ce qui m’intéresse est de savoir si j’ai les capacités, les moyens et la connaissance pour modifier ou faire évoluer certains de mes comportements.
A mon sens, rechercher les termes à accoler au mot “pollution” est un travail de communication, une recherche de l’impact immédiat des mots. Pour autant c’est s’éloigner du fondement du propos. Si demain c’est le Vésuve qui menace ma famille, j’espère réagir de la même manière que si c’est l’effet des gaz à effet de serre dégagés par mon jet privé qui menacent ma famille, à plus long terme peut-être.
Il est beaucoup plus intéressant de s’intéresser aux ressorts économiques et politiques de l’humanité, car ce sont eux qui conditionnent les pollutions excessives que nous faisons subir à notre environnement et notre espèce.
Pollution naturelle ou pas, ma question restera la même: que puis-je faire, à mon échelle?
le 28 octobre 2009 à 15:43
Merci pour le commentaire éclairé Aïchouba Rébecca.
C’est vrai que l’essentiel est d’agir. Il s’agit donc de ne pas se voiler la face et de réagir en conséquence.
le 1 novembre 2009 à 3:39
Mais vous n’aviez pas tort, Emilie, de chercher à définir ce qu’on appelle la pollution.
Je pense que votre but était plus de chercher à définir quelle est la pollution que nous pouvons réduire, voire dans certains cas stopper, et donc fatalement celle qui est dégagée par les activités humaines, directement ou indirectement. Car jusqu’à nouvel ordre il semble logique de penser que c’est sur celle-là que nous pouvons agir. Il semble avéré également que le dégagement de polluants sur terre a atteint un seuil exédant ce que la nature brute peut “gérer” par la biocénose, à cause de l’ampleur dans le temps, l’espace et par le nombre de l’activité humaine, notamment depuis l’industrialisation de masse.
Nos procédés d’utilisation de la nature, qui ne sont pas plus détestables en soi que ceux de la fourmis rouge ou de la rose, pardon… Nos procédés d’exploitation de notre biosphère devrais-je dire, ne semblent plus respecter les normes qui nous maintenaient jusqu’à présent dans un écosystème. Vous avez raison, parfois les mots sont importants, et c’est ce que vous entendiez surement par “pollution pas naturelle”, même si les termes ne sont pas justes.
J’ai tendance à penser (je n’engage que moi, c’est mon hypothèse non une vérité!), loin du moralisme écolo et de l’idée du “méchant humain pas naturel”, que nous avons comme je le disais précédemment une capacité de réflexion et d’action propres à notre espèce, et également d’apprentissage. Nous ne sommes pas des humains diaboliques, nous appliquons ce que nous savons, ce que nous apprenons, et bien que doués d’une intelligence particulière, en tout casà ce stade de notre évolution si l’on en croit Darwin, peu importe, nous ne détenons pas la science infuse. Nous avons appris à utiliser des matières brutes pour notre profit, ce qui n’est pas condamnable en soi. Mais à ce stade de notre apprentissage du milieu qui nous entoure, apprentissage qui vient s’imbriquer dans notre évolution sociale organisée (donc économique et politique) nous avons peut-être été un peu plus vite que la musique, ou en tout cas nous n’avons pas prévu l’impacte que nos manières d’agir (nous nourrir, nous vêtir, nous battre…) sur notre mileu naturel. On s’est peut-être même sentis un peu trop forts, et on a un peu oublié qu’on en faisait partie de ce milieu naturel, en tout cas nous n’avions pas fait l’apprentissage (à nos dépends) de certaines lois qui régissent l’ensemble de la biosphère. Et avec lesquelles il va falloir apprendre à compter.
Mon espoir, qui n’est peut-être pas encore une utopie, est que notre désir commun, voire notre instinct de survie, va nous pousser à développer de nouvelles techniques et de nouveaux systèmes qui non seulement respecteront notre environnement élémentaire (biotope et biocénose), mais pourquoi pas aussi qui l’utiliseront. Cela me semble essentiel dans une optique d’évolution et non pas de régression. Régression qui me paraît plus qu’improbable. Nous continuerons, comme avant (combien de temps?) ou autrement. Autrement, je le souhaite.
Les principaux obstacles sont politiques et financier. Le profit, l’économie et le pouvoir.
A l’échelle individuelle, je me suis demandée ce que je pouvais faire. Si je modifie certains de mes comportements, et notamment certains de mes réflexes, sur le plan individuel cela n’aura que peu d’impact à part me tenir en marge de la société. Mais si chaque individu se dit que son action a peu d’impact, même si en soi il a raison, personne ne change rien. Nous sommes soumis à des besoins, plus ou moins réglés ou comblés par le système socio-économique que nous avons élaboré. Pour que l’ensemble des individus puisse réagir, sans se marginaliser de sa société dont il a besoin pour vivre, société conditionnée par le système économique, il faut que le système économique actuel permette à l’individu d’agir. Voire, qu’il plébiscite les comportements écologiques. Que l’écologie soit un marketting, c’est donc la meilleure chose qui puisse arriver aujourd’hui, SI LES ENGAGEMENTS ECOLOGIQUES SONT REELLEMENTS TENUS, donc contrôlés. Si la population s’engage dans des modification de son comportement et donc aussi de ses achats, parce que la possibilité lui est offerte de le faire, alors l’impact économique peut faire évoluer le comportement des producteurs et des distributeurs. Qui à leur tour peuvent faire peser leur voix sur les hommes de pouvoir et d’argent. Le raisonnement est rapide et simpliste, mais plus élaboré non seulement il tient la route, mais encore c’est ce qui semble se passer. A quelle échelle et avec quel impact réel, je n’en sais rien.
Mais cela veut dire que nous pouvons changer les choses.
le 1 novembre 2009 à 3:54
Je viens d’aller jeter un oeil sur votre blog Coloc’A Terre, vous m’avez redonné le mot que je cherchais en parlant de régression : décroissance. Je crois que ce terme emporte une idée qui n’est non seulement pas la seule réponse à nos soucis, mais encore pas le plus pertinent. Je sais pourtant qu’il implique une autre manière de faire, mais je trouve qu’il diabolise la “croissance”. La croissance est-elle l’ennemi ?
Doit-on tous devenir végétaliens, vivre pieds nus et tisser des pulls avec les poils de notre chat pour sauver notre espèce et notre écosystème? J’exagère un peu mais vraiment gentiment, je vous l’assure.
Je pense que la négation et l’absolutisme ne sont la solution à rien, dans rien, pour rien. Négation des bienfaits de notre croissance, et absolutisme dans les modifications à effectuer.
Faisons autrement, mais avec ce que nous avons, savons! Pourquoi mettre à la poubelle toutes les techniques et les comportements qui nous ont aidés à nous construire? Pourquoi ne pas les utiliser autrement ou a d’autres choses ? Optimisons ! Ne perdons rien ! Apprenons et grandissons ! Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain ! Rien ne se perd, tout se crée ! Pierre qui roule… ;-D
le 2 novembre 2009 à 16:26
Aïchouba Rébecca :
Je pense (vous êtes d’accord ou non) qu’un autre obstacle important ou, tout du moins, un objectif principal est le changement de mentalité.
cf. : citation dans l’article), le terme de pollution doit être réservé aux impacts des activités humaines. Non pas pour écraser l’homme sous la culpabilité mais pour éviter de brouiller le message (consciemment ou non).
Loin de moi l’idée de diaboliser l’Homme ou ses activités et je ne cherche pas à minimiser des phénomènes naturels. Il est vraiment très important pour moi (vraiment) d’intégrer l’Homme dans son environnement. J’essaye toujours de prendre en compte l’aspect humain (qui est un des pilier du développement durable).
Ce qui m’inquiète c’est cette façon de se dédouaner en se disant : ce n’est pas grave, de toute façon, il existe une pollution naturelle. Pour moi (ça n’engage que moi, et l’ADEME
Je suis tout à fait d’accord : nous pouvons faire changer les choses sauf si on se voile la face…
le 2 novembre 2009 à 16:40
Effectivement, la décroissance est évoquée dans cet article de Coloc’A Terre (principalement dans les commentaires).
Pour ceux qui ne connaissent pas, la décroissance correspond à un ensemble d’idées rejetant l’objectif d’une augmentation du taux de croissance économique et prône même une réduction contrôlée. Les partisans de la décroissance contestent l’idée d’un développement économique infini : selon eux, le taux de production et de consommation ne peut pas être durablement accru dans la mesure où la création de richesse mesurée par les indicateurs économiques correspond à une destruction du capital naturel et que ce dernier est épuisable. Les “décroissants” s’opposent aux défenseurs du développement durable qui ne remettent pas en cause l’idéal de croissance.
le 2 novembre 2009 à 23:10
Je suis d’accord avec vous, le changement de mentalité est aussi un obstacle.
Toutefois, et je me trompe peut-être, même si le changement de mentalité va avec la prise de conscience, prise de conscience pour laquelle vous vous battez avec raison, notamment en utilisant le terme de “pollution humaine” (je ne m’étais pas trompée, c’est bien un travail de communication et de persuasion que vous faites en eployant ces termes là - fi de l’éthymologie et du sens primaire), j’ai la sensation que la prise de conscience va croissant dans nos sociétés. Pour le moins, qui peut dire aujourd’hui “je ne sais pas”?
La véritable prise de conscience, pour être effective, doit s’accompagner des actes, donc d’un changement de mentalité. Et à l’inverse… Un changement de mentalité s’accompagne automatiquement d’actes… Pour être plus claire, je suis amenée à penser que si la population humaine en général a tant de mal à changer de mentalité, ça n’est pas forcément parce qu’elle n’a pas conscience du tout, ni qu’elle est bête et méchante, je crois que c’est parce qu’elle sait qu’elle ne pourra plus ne rien faire. Et aujourd’hui, faire quelque chose, même un peu mais réellement, au quotidien, ça ne semble pas facile! Surtout si la seule paroisse qui soit venue à nous parle de décroissance. Effrayant! C’est absolument tout revoir. Et il faut quasiment tout revoir, mais pas forcément tout abolir, ça, c’est mon idée.
Mon constat en exemple: le tri sélectif demande un effort que nous ne faisions pas avant. Avant de jeter, il faut réfléchir. Avant, la poubelle c’était la poubelle. Ben oui, c’est très bête, mais quand on élève des enfants, qu’on réfléchit toute la journée au boulot, qu’on réfléchit encore lorsqu’il s’agit de gérer l’administration du foyer (aujourd’hui, il faut être à la fois patron-secrétaire-informaticien-comptable… pour gérer sa survie au sein de la société administrative!) et j’en passe, ce tout petit rien du tout qui consiste apprendre quelque chose de nouveau, dont on ne retire aucun bénéfice immédiat, et à se poser la question de “où-se-jette-le-pot-mais-pas-le-couvercle”, franchement, ça n’était pas gagné. Je n’ai pas les données nécessaires (à rechercher! ;-)), mais je mets ma main à couper que plus de 50% de la population effectue tant bien que mal le tri de ses ordures auhjourd’hui en France.
N’était-ce pas changer une habitude? N’était-ce pas changer de mentalité sur un sujet donné? Aujour’d'hui, bien que les collecteurs de déchets nous permettent de faire le tri, rien ne nous y oblige. Ma gardienne ne vient pas vérifier ce que je jette à la poubelle. Cependant, cet effort a été encouragé par les collectivités locales, les moyens ont été mis en places économiqument parlant pour que ce geste puisse devenir un réflexe que chacun peut enseigner à ses enfants, et je crois que les citoyens ont été heureux de pouvoir sans trop d’effort faire ENFIN quelque chose. Pour peu, cela deviendrait même carrément ludique.
Et je crois que le citoyen lambda, au lieu de se sentir coupable de son inertie alors qu’il “sait”, mais parce que mener une action serait trop impliquant en terme de temps et de gestion, est tout fier de laver son pot de yahourt avant de le jeter dans le bac jaune. C’est peu, mais C’EST BEAUCOUP.
Je crois qu’il faut faire prendre conscience, mais faire prendre consciance sans prendre en compte les difficultés de la mise en place des changements et sans chercher à apporter une aide vraiment efficace, c’est culpabiliser. Bien sûr, il appartient à chaque individu de faire des choix pour lui même. Mais nous sommes tous différents, et il faut que le changement soit accessible au plus grand nombre.
La négation des enjeux et de la difficulé du changement pour chaque personne, n’apportera rien.
C’est là toute la difficulté de la tâche. Essayer d’opérer un tel changement de masse tout en conservant des valeurs de tolérance, de différence, de respect de la conscience individuelle… Tout en en transformant nos répulsions en outils de partage et de construction. Utopie? Je ne le crois pas. Je ne le veux pas.
Il faut pas mal d’abnégation, mais le recyclage commence dans nos têtes, et là vous serez d’accord avec moi…
le 3 novembre 2009 à 10:19
Je suis tout à fait d’accord avec vous sur l’ensemble de votre commentaire… sauf que ce n’est pas moi qui fait fi de de l’étymologie et du sens primaire ! Je ne fais que le rappeler au contraire.
D’où la citation de l’ADEME.
D’ailleurs, ce n’est pas pour rien qu’on ne précisait pas au départ pollution “humaine”. Mais puisque certains accompagnent le terme “pollution” de “naturelle”, il faut le re-préciser.
Ce n’est (pour moi) qu’une façon de se dédouaner. Et c’est cela qui m’inquiète.