Éduquer par et pour l’environnement

benLa conférence de Tbilissi, en 1977, a proposé cette définition de l’éducation à l’environnement : c’est une éducation civique qui a pour but « d’amener les individus et les collectivités à saisir la complexité de l’environnement tant naturel que créé par l’homme, complexité due par l’interactivité de ses aspects biologiques, physiques, sociaux, économiques et culturels ».
Ce modèle d’éducation à l’environnement vise aussi « à acquérir les connaissances, les valeurs, les comportements et les compétences pratiques nécessaires pour participer de façon responsable et efficace à la prévention, à la solution des problèmes de l’environnement, et à la gestion de la qualité de l’environnement ».

Pour atteindre cet objectif louable, certains ont ainsi choisi de trouver une application à la citation de Lamartine « l’émerveillement est le premier pas vers la connaissance » : cette connaissance faisant naître la compréhension, puis le respect, ce même respect engendrant alors l’envie de protéger et donc d’agir. Ce cheminement aboutit le plus souvent car il est naturel, personnel. On peut ainsi éduquer par et pour l’environnement.
Certes, il reste difficile d’émerveiller lorsque, justement, les sources d’émerveillement (vivre en ville) sont rares, artificielles, ou que les récepteurs de l’individu sont bloqués, atrophiés (vivre dans la misère). Mais n’est-ce pas justement ce type de public qui devrait être ciblé en priorité : ce public défavorisé, oublié, non intéressé, non concerné, dont les préoccupations quotidiennes ne génèrent ni l’envie ni l’opportunité d’aller vers la nature, sa préservation et sa valorisation ? Et donc les actes sont parfois les plus impactant sur l’environnement ? Car nous sommes tous concernés par la manière de penser et de vivre de son voisin, proche ou lointain.

Nous sommes tous sur la même planète (même si nous n’appartenons parfois pas tous au même monde !) aussi, ceux qui ne peuvent ou ne veulent œuvrer, à leur échelle, pour ces valeurs et ces changements ne méritent-ils pas plus particulièrement notre attention ?
A défaut d’éduquer, informons.
A défaut de convaincre, partageons.

Et tout simplement, comme se plaisait à dire Leonard De Vinci - et c’est là peut être une clé pour bon nombre d’autres disciplines, dont l’éducation à l’environnement :
« Va, prends tes leçons dans la nature, c’est là qu’est notre futur ».

A Propos de cet auteur

Benjamin

Homo sapiens on Mother earth. La nature est mon métier et ma passion.

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4 commentaires pour “Éduquer par et pour l’environnement”

  1. Très bel article encore une fois. je vois encore trop de citadins complètement “à côté” de la nature. certains s’en moquent complètement, et continue de vivre leur vie comme si de rien n’était. heureusement, nous sommes de + en + nombreux à réagir et se poser des questions.

  2. Mais avons-nous encore cette capacité à s’émerveiller ?

    Je suis bien d’accord sur le principe “découvrez, émerveillez-vous, prenez envie de connaître et de protéger tant de beauté”, mais il me semble que l’on perçoit de moins en moins cette beauté. Est-ce l’effet secondaire de la TV et du net, qui nous permettent de voire trop facilement la beauté de la nature, qui la banalise ?

    J’ai été en effet très surpris du côté blasé de mes élèves de collège. Beaucoup ne régissaient même pas aux exemples (oral, photo ou vidéo) parfois magnifiques, d’autres fois surprenants ou encore terribles. Pas tous, heureusement, mais quand je diffusais “HOME”, le commentaire le plus fréquent était “Monsieur, c’est quand que ça se termine ?” Et j’enseignais à la campagne, donc ses élèves étaient plus impliqués par les dégradations de la nature, des paysages que pourraient l’être des citadins.

    alors, comment susciter cette émerveillement ?

  3. Banaliser la beauté de la nature… Qu’est-ce que ça fait peur.
    Je crains que les media contribuent aussi à l’effet “fastidieux” du problème écologique. On en a d’ailleurs parlé sur Blogalwarming à l’occasion de la diffusion de Home.
    A force de rabâcher à l’enfant de ne pas traverser la route, il finit par ne plus entendre le périodique avertissement…

  4. Bien d’accord, mais en même tant, quelle alternative ? Arrêter d’en parler, de “communiquer” ?

    La seule vraie solution est l’action, la démonstration par l’exemple, mais on en est encore loin…

    Pourtant, c’est par l’observation de cette exemple, par l’habitude, que l’on éduque aussi.
    Que pense un enfant quand on lui dit: “Ne jette pas tes papiers par terre” et qu’il voit ensuite cette même personne jeter des mégots ?

    Pareil pour l’environnement. Un bon exemple se trouverait dans les écoles. Un bahut qui utilise des énergies renouvelables, réduit et tri (réellement) ses déchets, aménages des coins de natures (mare, carré d’herbes folles, nichoirs), compense ses émissions et organise des collectes pour le codéveloppement aurait certainement un plus fort impact qu’un autre qui se contenterait d’intégrer l’environnement dans ses cours et d’organiser une projection de HOME.

    Et pourtant, quand il faut débourser de l’argent pour rendre un bahut plus durable et combattre l’image “les mares ça attire les moustiques”, il ne reste plus grand monde…

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